Cétacés captifs : la torture sous couvert de divertissement

Cétacés captifs : la torture sous couvert de divertissement

En France et dans le monde, de nombreux parcs exhibent des mammifères marins ou partiellement aquatiques captifs : dauphins, orques, otaries … Mais est-ce vraiment éthique d’enfermer de tels animaux dans de grandes piscines chlorées pour amuser le public ?

Depuis 2017, la question des cétacés captifs fait couler beaucoup d’encre. Interdiction puis autorisation de la reproduction en captivité, réduction progressive du nombre d’animaux en delphinariums, échanges avec d’autres pays … Ces animaux sont, partout dans le monde, concernés par la capture plus ou moins légale dans leur milieu naturel, et font parfois l’objet d’un véritable trafic. En effet, un dauphin vendu pour la viande se négociera quelques centaines de d’euros, tandis qu’un dauphin destiné à la présentation en parc aquatique peut se négocier autour de 150 000€. Une orque, quant à elle, peut valoir à elle seule plus d’un million d’euros !

Ainsi, le 6 mai 2017, l’ancienne ministre Ségolène Royale a publié un arrêté visant à encadrer les conditions de détention de certains mammifères marins au sein des delphinariums de France. L’augmentation de la taille des bassins, une meilleure qualité de l’eau, un transport des animaux mieux réglementés et une interdiction de leur reproduction étaient donc les mesures prises par le gouvernement il y a 4 ans. Cependant, le parc aquatique d’Antibes a contesté cette décision, avançant que l’interdiction de la reproduction des animaux allait à l’encontre de leur bien-être, et qu’à terme, cela nuirait à la paternité des espèces concernées. Ce que le parc a oublié de mentionner, c’est que les animaux nés en captivités sont totalement inadaptés à la vie sauvage, et ne seront par conséquent jamais relâchés dans leur milieu naturel. Certaines de ces décisions ont été revues à la baisse, pour le plus grand malheur des défenseurs de la cause animale.

Il semble alors que ces animaux soient surtout considérés comme des attractions pour le public, et non pas comme des êtres sensibles à la vie intellectuelle et sociale riches. En effet, les groupes de dauphins sont souvent constitués de manière arbitraire, sans tenir compte de l’entente entre les espèces, de leur vie sociale complexe, de l’entente entre les individus. Dans la nature, un dauphin peut nager environ 100 km par jour, ce qui est parfaitement impossible dans leurs bassins de présentation. Par ailleurs, les cétacés captifs vivent en moyenne une vingtaine d’années en captivité, contre une soixantaines d’années pour certains dauphins, et 60 à 90 ans pour les orques en fonction de leur sexe.

Par ailleurs, les orques sont nourries au poisson mort complémentés en vitamines et en minéraux. Les orques, dans leur milieu naturel, se nourrissent de phoques, d’otaries, d’oiseaux et d’autres cétacés : ce régime au poisson est inadapté à leur constitution et induit des carences.

Avez-vous déjà vu une orque sauvage avec l’aileron dorsal pendant ? Non ? C’est normal. Contrairement à ce qu’on nous dit, l’aileron pendant n’est pas un signe qu’il est « trop lourd », c’est un signe de dépression. Eh oui, les orques aussi dépriment, mais quand on voit la baignoire dans laquelle elle sont confinées toute leur vie, on peut le comprendre.

Il existe une dizaine de parcs aquatiques qui exhibent des orques à travers le monde : le Kamogawa Seaworld et l’aquarium du port de Nagoya au Japon, le Loro Parque en Espagne, le Marineland d’Antibes en France, le Marineland du Canada, le Mundo Marino en Argentine, le SeaWorld San Diego en Californie, le SeaWorld San Antonio au Texas, le Miami Seaquarium et le SeaWorld Orlando en Floride. L’industrie des delphinariums est très lucrative : lors des chasses de Taiji au Japon, des dresseurs du monde entier viennent choisir de nouveaux dauphins. Parmi tous ceux qui seront froidement massacrés, seuls certains auront la vie sauve, et ce, pour vivre une vie entière enfermés dans des baignoires. Ces prélèvements ont évidemment de graves conséquences sur la survie au long terme des populations sauvages.

Le chlore des piscines, destiné à garder l’eau dans un état de propreté relative, attaque les yeux, la peau et les poumons des animaux, tout comme les nôtres. Par ailleurs, les animaux n’ont pas la possibilité de s’échapper en cas de problème – lutte entre deux animaux, tentative de reproduction …-, ce qui est délétère pour leur bien-être physique, mais aussi psychologique.

Enfin, dernier point mais non des moindres, le dressage des mammifères marins captifs et leur présentation au public sont particulièrement cruels. Les animaux, souvent privés de nourriture, font tout pour contenter leur dresseur et ainsi obtenir du poisson. Leur intelligence est ainsi à double tranchant : ils savent quoi faire pour obtenir de la nourriture, et les dresseurs l’ont très bien compris. Avez-vous remarqué que les dresseurs donnent toujours du poisson aux cétacés après un numéro ? Ce n’est pas une récompense, mais un vrai repas. Les animaux ainsi traités ont faim constamment, et s’ils n’exécutent pas le tour demandé, il ont de la nourriture, mais pas assez pour vivre vieux et en bonne santé.

Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à visionner le documentaire BlackFish ou le film The Cove, ou à lire le témoignage de Richard O’Barry, ancien soigneur et dresseur de cétacés au Miami Seaquarium et désormais convaincu par la barbarie de ce type de pratique.

Enfin, si vous aimez les cétacés, au lieu d’aller en voir au zoo ou de devenir soigneur dans un delphinarium, je vous invite à aller réaliser un écovolontariat avec un organisme qui en propose, comme le Réseau Cétacés. En plus d’en voir de près parfois, vous participerez concrètement à leur protection !

Camille, chargée de communication

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